Avoir des enfants en islam : un dépôt sacré, une responsabilité de toute une vie et un chemin vers le Paradis

Tahiru Nasuru··22 min de lecture
Avoir des enfants en islam : un dépôt sacré, une responsabilité de toute une vie et un chemin vers le Paradis

Introduction : les enfants comme une amana confiée par Allah

Avoir des enfants en islam n’est pas simplement un rêve personnel, une attente culturelle ou une étape naturelle de la vie conjugale. C’est une amana, un dépôt sacré confié par Allah ﷻ. Un enfant ne naît pas simplement dans un foyer ; il y est confié. Cette responsabilité englobe le corps de l’enfant, son cœur, son esprit, ses manières, sa religion et sa destinée éternelle.

L’islam considère la parentalité avec le plus grand sérieux. Elle est faite de miséricorde, de joie, de tendresse, de fatigue, de sacrifice et de récompense. Mais elle implique aussi une responsabilité devant Allah. Les parents ne sont pas seulement chargés de nourrir, vêtir, loger et instruire leurs enfants. Ils sont aussi responsables de les orienter vers Allah, de leur enseigner la vérité, de les protéger de la corruption et de les aider à grandir dans l’islam.

Allah ﷻ ordonne aux croyants :

« Ô vous qui croyez ! Préservez-vous, ainsi que vos familles, d’un Feu dont le combustible sera les hommes et les pierres… »
Coran 66:6 (Quran.com)

Ce verset devrait ébranler le cœur de chaque parent. Il enseigne que la famille n’est pas seulement une unité sociale ; c’est une responsabilité spirituelle. Le parent musulman doit se demander : cet enfant est-il élevé uniquement pour la réussite d’ici-bas, ou pour le Paradis ?

La vision islamique de la parentalité

En islam, la parentalité commence par l’intention. Le musulman ne considère pas les enfants comme des trophées, des accessoires ou la preuve d’une réussite sociale. Les enfants sont des dons d’Allah, mais ils sont aussi des épreuves. Ils apportent le bonheur, mais révèlent aussi la patience. Ils apportent l’amour, mais exigent aussi le sacrifice. Ils adoucissent le cœur, tout en exposant l’égoïsme, la colère, l’insouciance et la faiblesse.

En islam, le parent qui réussit n’est pas simplement celui dont l’enfant devient riche, célèbre ou brillant sur le plan scolaire. La véritable réussite, c’est que l’enfant connaisse Allah, L’adore Lui seul, suive le Messager d’Allah ﷺ, respecte les droits d’autrui, honore ses parents et vive avec taqwa.

Cela ne signifie pas que l’éducation profane soit négligée. L’islam encourage le savoir utile et l’excellence. Mais le parent musulman comprend que la relation de l’enfant avec Allah est plus importante que n’importe quel diplôme, carrière ou réputation sociale.

Les enfants comme bénédictions et comme épreuves

Les enfants font partie des parures de cette vie d’ici-bas, mais ils sont aussi une épreuve. Ils mettent à l’épreuve les priorités des parents. Ils éprouvent la sincérité de leur croyance que l’Au-delà est plus important que la dunya. Ils éprouvent leur capacité à sacrifier le confort, le temps, les biens et l’ego pour la cause d’Allah.

Un enfant peut devenir une voie vers la récompense, surtout s’il est élevé dans la droiture. Le Prophète ﷺ a enseigné que lorsque l’être humain meurt, ses œuvres prennent fin sauf dans trois cas : une aumône continue, un savoir bénéfique, ou un enfant pieux qui invoque pour lui. Cela est rapporté de manière authentique dans Sahih Muslim 1631. (Abuamina Elias)

Cela signifie qu’une éducation pieuse peut continuer à profiter à une personne même après sa mort. Bien après que le parent soit entré dans la tombe, un enfant peut lever les mains et dire : « Ô Allah, pardonne à mes parents. » Quel trésor pourrait être plus grand que cela ?

Se préparer à avoir des enfants avant le mariage

La préparation à l’arrivée des enfants commence avant la grossesse. En réalité, elle commence avant même le mariage. La personne que l’on choisit comme époux ou épouse peut devenir le futur père ou la future mère de ses enfants. Ce n’est pas une affaire mineure.

Le conjoint n’est pas seulement un compagnon de vie. Il devient une part du premier monde de l’enfant. L’enfant observera sa prière, sa manière de parler, ses comportements, sa colère, sa générosité, son honnêteté, sa pudeur et sa relation avec Allah. Un conjoint pieux peut aider à bâtir un foyer de sakina et de taqwa. Un conjoint insouciant peut rendre l’éducation religieuse bien plus difficile.

Pour cette raison, les musulmans ne devraient pas choisir leur partenaire de mariage uniquement pour la beauté, la richesse, le statut social, la tribu, la nationalité ou la réussite professionnelle. Ces choses peuvent avoir leur place, mais elles ne peuvent pas remplacer le dîn.

Choisir un conjoint pieux

Un conjoint pieux est l’une des plus grandes préparations à avoir des enfants pieux. Un tel conjoint n’est pas parfait, mais il ou elle craint Allah. Un conjoint pieux comprend la responsabilité devant Allah. Un conjoint pieux accorde de la valeur au halal, à la prière, à la pudeur, à l’honnêteté et aux manières islamiques.

Les enfants apprennent de ce qu’ils voient chaque jour. S’ils voient leurs parents prier, faire des invocations, dire la vérité, éviter le haram et se repentir après leurs erreurs, l’islam devient pour eux une réalité. S’ils ne voient l’islam mentionné que dans les prêches mais ignoré dans la vie quotidienne, ils risquent d’apprendre la contradiction au lieu de la conviction.

Un foyer musulman ne doit pas être bâti sur la seule apparence. Il doit être bâti sur la taqwa.

Bâtir un foyer sur la taqwa

Une belle maison n’est pas nécessairement un foyer béni. Un foyer peut avoir un mobilier élégant, des décorations coûteuses et des commodités modernes, tout en étant spirituellement stérile. Un autre foyer peut être modeste, mais rempli de Coran, de salat, de dhikr, de miséricorde et de gratitude.

Le second foyer est supérieur.

Les enfants ont besoin de grandir dans une atmosphère où Allah est rappelé naturellement. Ils doivent entendre « Alhamdulillah » avec sincérité. Ils doivent voir leurs parents prier. Ils doivent être témoins du repentir après les erreurs. Ils doivent apprendre que l’islam n’est pas une mise en scène pour les autres, mais une manière de vivre à l’intérieur du foyer.

La première madrasa de l’enfant, c’est le foyer. Les premiers enseignants, ce sont les parents. Le premier programme, c’est le comportement quotidien.

Le nikah et la préservation de la filiation

L’islam honore le mariage et préserve la filiation par le nikah. Un enfant a le droit de naître dans la clarté, la dignité, la responsabilité et une structure familiale licite. Le nikah n’est pas simplement une célébration. C’est une alliance sacrée aux conséquences juridiques, affectives, sociales et spirituelles.

Par le nikah, l’intimité devient licite et peut même devenir un acte d’adoration lorsqu’elle est vécue avec la bonne intention et dans les limites fixées par Allah. L’islam ne traite pas l’intimité conjugale comme quelque chose de honteux. Au contraire, il enseigne que même les moments privés doivent être liés au rappel d’Allah.

Se souvenir d’Allah avant l’intimité

Parmi les bienséances importantes du mariage figure l’invocation à prononcer avant l’intimité conjugale licite. Ibn Abbas رضي الله عنهما a rapporté que le Prophète ﷺ a enseigné l’invocation suivante :

« Bismillah, Allahumma jannibna-sh-shaytan, wa jannibi-sh-shaytana ma razaqtana. »

Cela signifie demander à Allah d’éloigner Shaytan du couple et de ce qu’Il pourrait leur accorder. Ce récit se trouve dans Sahih al-Bukhari 6388. (Sunnah)

Cette Sunna rappelle au couple que les enfants sont créés par le décret d’Allah et que la protection spirituelle commence avant même que l’enfant ne soit formé. Beaucoup de parents préparent les vêtements, les prénoms, la chambre et les rendez-vous médicaux, tout en négligeant l’orientation prophétique liée au commencement de la vie familiale.

Un couple musulman devrait faire revivre cette Sunna avec humilité et sérieux.

La grossesse comme saison d’adoration et de du’a

La grossesse n’est pas seulement un processus biologique. C’est aussi un temps de réflexion, d’adoration, de patience et de du’a. La mère porte une vie par la permission d’Allah. Son corps change, ses émotions évoluent, et son endurance peut être mise à l’épreuve. C’est une épreuve noble.

Il est bon pour la mère enceinte de poursuivre, selon ses capacités, la Sunna générale des adhkar quotidiens, du Coran, de la du’a, de la salah et du rappel d’Allah.

La mère peut demander à Allah un enfant vertueux, un cœur sain, une science bénéfique, un bon caractère, la protection contre Shaytan et la fermeté dans l’islam. Une du’a discrète, formulée dans l’épuisement, peut avoir une immense valeur.

Le père doit lui aussi faire des du’a, apporter son soutien, rechercher une subsistance halal et se préparer à assumer ses responsabilités.

La responsabilité du père avant la naissance

Le rôle du père ne commence pas après l’accouchement. Il commence avant la naissance. Il doit soutenir la mère, protéger le foyer, subvenir aux besoins par des moyens halal et se préparer à diriger avec miséricorde.

Un père qui pense que son seul devoir est d’assurer la subsistance financière a mal compris la paternité. La subsistance compte, mais l’orientation compte aussi. Un enfant a besoin d’un père présent spirituellement, présent émotionnellement et présent moralement.

Le Prophète ﷺ a dit que chacun est un gardien et responsable de ceux qui sont sous sa charge. Dans ce même hadith, il a mentionné en particulier que l’homme est le gardien de sa famille et responsable d’elle, et que la femme est la gardienne du foyer de son mari et de ses enfants, et responsable d’eux. Cela est rapporté dans Sahih al-Bukhari 7138 et Sahih Muslim 1829. (Sunna)

Ce hadith devrait éveiller la vigilance des deux parents. La parentalité n’est pas passive. C’est un rôle de berger.

Accueillir le nouveau-né avec gratitude

Lorsqu’un enfant naît, la famille musulmane doit répondre par la gratitude envers Allah. Que l’enfant soit un garçon ou une fille, le croyant accueille le décret d’Allah avec satisfaction. Une fille n’est pas une déception. Un garçon n’est pas une garantie de droiture. Tous deux sont des dons, et tous deux sont des épreuves.

L’islam est venu abolir l’ignorance qui rabaissait les filles. La naissance d’une fille ne devrait jamais être traitée comme une faute de la mère ni comme une cause de tristesse. Allah accorde des enfants, garçons ou filles, selon Sa sagesse.

Le nouveau-né doit être accueilli avec dhikr, du’a, tendresse et gratitude — non avec arrogance, extravagance ou rivalité culturelle.

Tahneek : une Sunna pour le nouveau-né

Parmi les pratiques de la Sunna liées au nouveau-né, il y a tahneek. Cela consiste à ramollir une datte et à en frotter une petite quantité sur le palais du nouveau-né. Sahih Muslim 2146b mentionne la recommandation du tahneek pour le nouveau-né et évoque également le fait de nommer l’enfant le jour de sa naissance. (Sunna)

Le tahneek relie les premiers instants de la vie d’un enfant à l’orientation prophétique. Il rappelle à la famille que la Sunna entre dans chaque aspect de la vie : la naissance, le choix du nom, l’alimentation, le sommeil, le mariage, l’adoration et l’éducation des enfants.

Les musulmans ne devraient pas éprouver de gêne à l’égard de la Sunna. La guidée ne se mesure ni à la mode, ni aux tendances, ni à l’approbation moderne. La guidée, c’est ce qu’Allah a révélé et ce que Son Messager ﷺ a enseigné.

Donner à l’enfant un bon nom

Un enfant a droit à un bon nom. Les noms portent un sens, une identité et une charge affective. Un bon nom peut rappeler à l’enfant la servitude envers Allah, la noblesse prophétique ou le bon caractère.

Les parents devraient éviter les noms aux significations corrompues, orgueilleuses, ou aux associations contraires aux valeurs islamiques. Le nom ne doit pas seulement avoir une belle sonorité. Il doit porter un bon sens.

Sahih Muslim 2146b mentionne le fait de nommer l’enfant le jour de sa naissance ainsi que la recommandation de noms tels que Abdullah, Ibrahim et les noms des prophètes. (Sunna)

Un nom musulman peut être, tout au long de la vie, un rappel d’identité, d’appartenance et d’adoration.

Aqeeqah : la gratitude par le sacrifice

L’aqeeqah est une pratique de la Sunna liée à la naissance d’un enfant. C’est un acte de gratitude envers Allah et une manière de partager la joie par un sacrifice licite et la générosité.

Une référence solide au sujet de l’aqeeqah est Sahih al-Bukhari 5472, où le Prophète ﷺ a mentionné l’offrande de l’aqeeqah pour le nouveau-né garçon. (Sunna) Sunan Abi Dawud 2838 mentionne que le sacrifice est accompli le septième jour, que la tête de l’enfant est rasée et que l’enfant est nommé. (Sunna) Jami’ at-Tirmidhi 1513 rapporte la narration selon laquelle deux moutons sont pour un garçon et un mouton pour une fille. (Sunna)

L’aqeeqah enseigne que la célébration musulmane doit être liée à la gratitude, à l’adoration et à la générosité.

La fitrah de chaque enfant

Le Prophète ﷺ a dit que chaque enfant naît selon la fitrah, puis ses parents en font un Juif, un Chrétien ou un Mazdéen. Ce hadith se trouve dans Sahih al-Bukhari 1358. (Sunna)

Ce hadith est fondamental dans l’éducation islamique des enfants. Un enfant ne naît pas spirituellement vide. Il naît selon une disposition naturelle qui reconnaît Allah. Mais la famille et l’environnement influencent fortement la manière dont cette fitrah est nourrie, enfouie, déformée ou préservée.

Les parents doivent comprendre cela en profondeur. Ils ne sont pas des influences neutres. Leurs choix façonnent la compréhension qu’a l’enfant de la vérité, de l’adoration, de la pudeur, de la morale et de l’identité.

Les parents comme première école de la foi

Avant même d’entrer à l’école au sens formel, les enfants ont déjà étudié leurs parents. Ils ont observé la manière dont leurs parents parlent, se disputent, prient, dépensent, pardonnent, réagissent et se repentent.

Un père qui ment enseigne le mensonge, même s’il fait des sermons sur l’honnêteté. Une mère qui médit enseigne la médisance, même si elle met en garde contre les mauvaises manières. Des parents qui retardent la salah sans s’en soucier enseignent que la salah est secondaire, même s’ils affirment que l’islam est important.

Les enfants remarquent les contradictions. Leurs cœurs les enregistrent.

Par conséquent, les parents ne doivent pas seulement ordonner l’islam. Ils doivent vivre l’islam.

L’importance de l’environnement

L’environnement exerce une influence puissante. Un enfant est affecté par la famille, les voisins, l’école, les amis, les médias, les contenus en ligne, les proches et la vie de la communauté. Les parents ne peuvent pas tout contrôler, mais ils ne doivent pas faire preuve de négligence à l’égard de ce qu’ils peuvent contrôler.

Un enfant entouré de personnes vertueuses a davantage de chances d’entendre des paroles bénéfiques, d’être témoin de bonnes manières et de voir l’islam mis en pratique. Un enfant entouré de corruption peut peu à peu se familiariser avec le péché, la vulgarité, l’arrogance, l’impudeur et l’insouciance.

Le principe islamique n’est pas la paranoïa. C’est la protection vigilante.

Choisir un voisinage vertueux

Il est sage que les familles musulmanes prennent en compte l’environnement moral et religieux avant de choisir un logement. Cela doit être présenté comme un conseil islamique pratique, et non comme la formulation directe d’un hadith, sauf si un récit authentique est cité.

Une belle maison dans un environnement spirituellement nocif peut devenir dangereuse pour la famille. Un logement plus simple, proche de personnes vertueuses, d’une mosquée et d’une bonne compagnie, peut être meilleur pour la religion de l’enfant.

Allah ﷻ dit :

« Et ne penchez pas vers ceux qui commettent l’injustice, sinon le Feu vous atteindrait… »
Qur’an 11:113 (Corpus arabe du Coran)

Ce verset rappelle aux musulmans qu’ils doivent se montrer prudents envers les environnements qui banalisent le mal et affaiblissent l’attachement du cœur à Allah.

Protéger les enfants des influences néfastes

Les enfants sont influencés par ce qu’ils voient et entendent de manière répétée. Les divertissements, les réseaux sociaux, les jeux, la musique, les célébrités, les camarades et les personnalités en ligne véhiculent souvent des valeurs. Ils apprennent aux enfants ce qu’il faut admirer, ce dont il faut rire, ce qu’il faut désirer et ce qu’il faut imiter.

Les parents doivent se montrer prudents face aux médias et aux divertissements qui banalisent la désobéissance, l’impudeur, l’arrogance, la moquerie de la religion ou l’admiration de modes de vie pécheurs.

Les modèles et la formation de l’identité

Les enfants imitent ce qu’ils admirent. Si leurs héros sont des personnes qui glorifient le péché, l’arrogance, la luxure, l’avidité et la rébellion, l’enfant peut commencer à voir la retenue islamique comme quelque chose d’étrange. Si leurs héros sont les prophètes, les compagnons, les savants, les adorateurs, les gens généreux et les personnes courageuses, alors leur imaginaire se peuple de noblesse.

Les parents doivent faire découvrir activement aux enfants les récits des prophètes, la sîra du Prophète ﷺ, les compagnons et les musulmans vertueux. Un enfant a besoin d’exemples de grandeur enracinés dans la foi, et non dans la vanité.

Le parent musulman doit choisir avec soin les héros de son enfant.

L’équité entre les enfants

L’islam ordonne la justice entre les enfants. Les parents doivent veiller à ne pas faire naître de ressentiment par le favoritisme dans les cadeaux, l’attention, l’affection, les opportunités ou le souci religieux.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Craignez Allah et soyez justes envers vos enfants. »

Cela est rapporté dans Sahih al-Bukhari 2587 dans le hadith d’An-Nu’man ibn Bashir رضي الله عنه. (Sunnah)

L’équité ne signifie pas toujours un traitement identique dans chaque affaire pratique, car les enfants peuvent avoir des besoins différents. Mais le cœur du parent et sa conduite doivent être justes. Les garçons comme les filles doivent recevoir une éducation religieuse, une attention affective, une formation morale et une prise en charge équitable.

L’éducation religieuse comme obligation parentale

L’éducation religieuse n’est pas facultative. Ce n’est pas une décoration du week-end. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut déléguer entièrement à un imam, à une école islamique ou à un enseignant en ligne.

Un enfant doit apprendre le tawhid, la salat, le wudu, le Coran, le du’a, l’amour du Prophète ﷺ, les bonnes manières, le halal et le haram, la pudeur, la véracité et la responsabilité devant Allah.

Cette éducation doit être chaleureuse, sage, constante et adaptée à l’âge. La dureté peut faire ressentir la religion comme une punition. La négligence peut faire paraître la religion sans importance. La voie prophétique, c’est la miséricorde avec la fermeté, l’amour avec la clarté et l’enseignement avec la patience.

L’éducation mondaine sans négliger l’au-delà

L’islam ne s’oppose pas à une éducation mondaine bénéfique. Les musulmans ont besoin de médecins, d’ingénieurs, d’enseignants, de bâtisseurs, d’écrivains, de chefs d’entreprise et de professionnels compétents. L’excellence est louable lorsqu’elle est poursuivie avec des intentions licites et dans des limites licites.

Mais l’éducation mondaine ne doit pas dévorer l’éducation religieuse.

Un enfant qui excelle à l’école mais ne sait pas prier correctement a été privé d’un bien essentiel. Un enfant qui maîtrise un langage académique avancé mais ne connaît pas les bases du tawhid a été négligé. Un enfant qui se prépare aux examens mais ne se prépare jamais à la tombe a reçu un enseignement dangereusement déséquilibré.

L’au-delà est plus long que cette vie. La tombe est plus certaine que l’obtention d’un diplôme. Le Paradis est plus grand que n’importe quelle carrière.

Le père comme berger

Un père musulman n’est pas seulement celui qui apporte de l’argent. Il est un berger. Son autorité doit être miséricordieuse, présente, protectrice et responsable.

Il doit connaître les amis de ses enfants, leurs inquiétudes, leurs habitudes, leurs forces et leurs faiblesses. Il doit les aider à aimer la salat, à fréquenter la mosquée, à respecter leur mère, à dire la vérité et à éviter le haram.

Un père absent du cœur de ses enfants peut perdre toute influence sur eux. Alors, des étrangers, des écrans et des camarades deviennent leurs guides.

La paternité ne s’accomplit pas en payant les factures seulement.

La mère comme gardienne et éducatrice

La mère joue un rôle immense dans la formation du cœur de l’enfant. Sa tendresse, son adoration, sa patience, sa parole, sa correction et son du’a laissent des traces profondes. Bien des personnes vertueuses ont été façonnées par des mères vertueuses dont les sacrifices étaient cachés au public mais connus d’Allah.

En même temps, l’islam ne fait pas reposer tout le fardeau sur la mère seule. Le hadith du berger mentionne la responsabilité des hommes comme des femmes dans les dépôts qui leur sont confiés. (Sunnah)

Élever des enfants est une mission partagée. Le père et la mère doivent coopérer dans la bonté et la taqwa.

La discipline avec miséricorde

Les enfants ont besoin de discipline, mais la discipline islamique n’est pas la cruauté. Ce n’est ni l’humiliation, ni la colère incontrôlée, ni l’insulte, ni la dureté. La discipline consiste à enseigner la maîtrise de soi, l’adab, le sens des responsabilités et la conscience d’Allah.

Les parents doivent éviter deux extrêmes : l’autoritarisme brutal et la permissivité négligente. La dureté peut produire la peur, l’hypocrisie ou le ressentiment. La permissivité peut engendrer le sentiment d’avoir tous les droits et l’insouciance spirituelle.

La voie équilibrée est une miséricorde ferme. Des limites claires. Une correction empreinte d’amour. Des attentes constantes. Le bon exemple. Un du’a continu.

Un enfant doit savoir que les règles existent parce qu’Allah compte, que l’âme compte et que le caractère compte.

Élever des enfants dans une société moralement relâchée

Élever des enfants musulmans dans une société moralement relâchée exige de la vigilance. Beaucoup de sociétés banalisent ce que l’islam interdit et tournent en dérision ce que l’islam honore. La pudeur peut être considérée comme rétrograde. L’obéissance à Allah peut être présentée comme une contrainte. Le divertissement peut embellir l’impudeur. Le consumérisme peut apprendre aux enfants à poursuivre leurs désirs sans retenue.

Une parentalité passive est dangereuse dans un tel environnement.

Les parents doivent construire chez leurs enfants une confiance islamique solide. Les enfants ne doivent pas se sentir inférieurs parce qu’ils sont musulmans. Ils doivent comprendre, selon leur âge, pourquoi l’islam enseigne ce qu’il enseigne. Ils ont besoin d’amour, de dialogue, d’une compagnie musulmane, d’un lien avec la mosquée, et d’un foyer où l’islam est pratiqué avec beauté.

Une société permissive peut être bruyante, mais un foyer musulman sincère peut malgré tout rayonner.

La question à laquelle chaque parent doit se préparer

Chaque parent devrait s’imaginer debout devant Allah et interrogé au sujet des enfants qui lui ont été confiés.

Que leur as-tu enseigné ?
Qu’as-tu laissé entrer dans leurs cœurs ?
Les as-tu protégés de la corruption manifeste ?
Les as-tu nourris de halal ?
As-tu donné l’exemple de la salat ?
As-tu rendu l’islam aimable à leurs yeux ?
Les as-tu traités avec équité ?
As-tu invoqué Allah pour eux ?
As-tu donné la priorité à leur Jannah, ou seulement à leur réussite ici-bas ?

Ces questions devraient éveiller le cœur dès maintenant, avant que ne vienne l’interrogation finale.

Les enfants vertueux comme récompense durable

Un enfant vertueux est l’un des plus beaux héritages qu’un croyant puisse laisser derrière lui. La richesse peut disparaître. Les bâtiments peuvent s’effondrer. La réputation peut s’estomper. Mais un enfant vertueux qui invoque Allah pour son parent est un trésor.

Le Prophète ﷺ a enseigné qu’un enfant vertueux qui prie pour son parent fait partie des œuvres dont le bénéfice se poursuit après la mort. Cela est rapporté dans Sahih Muslim 1631. (Abuamina Elias)

C’est pourquoi l’éducation des enfants doit être intentionnelle. Le parent musulman ne forme pas simplement un futur employé, étudiant, époux, épouse ou citoyen. Le parent musulman forme un serviteur d’Allah.

Conclusion : éduquer ses enfants pour la Face d’Allah

Avoir des enfants en islam est une bénédiction profonde et une responsabilité redoutable. Cela commence avant la naissance, et même avant le mariage, par le choix d’un conjoint vertueux et l’établissement d’un foyer fondé sur la taqwa. Puis cela se poursuit à travers l’intimité licite, le rappel d’Allah, la grossesse, la naissance, le tahneek, le choix du prénom, la aqeeqah, l’éducation, la discipline, l’environnement, l’équité et l’accompagnement tout au long de la vie.

Les enfants naissent sur la fitrah. Ensuite, les parents et le milieu qui les entoure les façonnent. Voilà de quoi rendre humble chaque mère et chaque père.

Le parent musulman doit prévoir non seulement l’école, la carrière, le mariage et la stabilité financière, mais aussi la position de l’enfant devant Allah. La plus grande réussite n’est pas qu’un enfant soit admiré des gens, mais qu’il soit aimé d’Allah.

Qu’Allah accorde aux parents musulmans une compréhension profonde de Sa religion. Qu’Il les bénisse par des conjoints vertueux, des foyers vertueux, des enfants vertueux et une descendance vertueuse. Qu’Il protège nos familles de Shaytan, des environnements nuisibles et de l’insouciance. Qu’Il fasse de nos enfants la fraîcheur de nos yeux, des porteurs du tawhid, des adeptes de la Sunnah et des gens du Jannah.

SubhaanakAllaahumma wa bihamdik, ash-hadu an laa ilaaha illa anta, astaghfiruka wa atoobu ilayk.


Référence

  1. Coran 66:6 — ordre de se protéger soi-même ainsi que sa famille du Feu. (Quran.com)

  2. Coran 11:113 — mise en garde contre le fait de pencher vers les injustes. (Quranic Arabic Corpus)

  3. Sahih al-Bukhari 6388 — invocation avant l’intimité conjugale. (Sunnah)

  4. Sahih al-Bukhari 1358 — chaque enfant naît sur la fitrah. (Sunnah)

  5. Sahih Muslim 2146b — tahneek et attribution du nom au nouveau-né. (Sunnah)

  6. Sahih al-Bukhari 5472 — aqeeqah pour le nouveau-né. (Sunnah)

  7. Sunan Abi Dawud 2838 — aqeeqah au septième jour, rasage de la tête et attribution du nom. (Sunnah)

  8. Jami’ at-Tirmidhi 1513 — deux moutons pour un garçon et un mouton pour une fille. (Sunnah)

  9. Sahih al-Bukhari 2587 — équité entre les enfants. (Sunnah)

  10. Sahih al-Bukhari 7138 / Sahih Muslim 1829 — chaque personne est un berger et responsable de ceux qui sont sous sa garde. (Sunnah)

  11. Sahih Muslim 1631 — l’enfant vertueux qui invoque Allah pour son parent après sa mort. (Abuamina Elias)

  12. Source originale : Ibraheem Abubakr Amosa, « Élever un enfant musulman … dans une société permissive. » (academia.edu)

Articles connexes